Parcours (version finale)

« C’est où exactement la rivière aux Feuilles? C’est près de la Baie James? »

Non, c’est pas mal au nord de la Baie James… Voici d’abord une carte pour vous situer, et pour les passionnés de canot j’ajoute notre itinéraire final (ou du moins celui qu’on prévoit faire, sachant très bien qu’une fois rendu sur place, la météo, la vitesse du courant, les difficultés, notre mood, quelques belles randonnées et beaucoup d’autres facteurs vont tout changer).


Afficher Rivière aux Feuilles sur une carte plus grande

Horaire

  • Jour -2 : lundi matin 6 juillet 10h, départ de chez Benoit en pickup. Nous dormirons où nous serons rendus…
  • Jour -1 : mardi 7 juillet, pickup. Le soir, nous arrivons à la base d’hydravion d’Air Saguenay au lac Pau.
  • Jour 0 : mercredi 8 juillet, hydravion (un Beaver et un Turbo Otter nolisés avec Air Saguenay). Km 322 (rivière Charpentier). Pas de canot.
  • Jour 1 : canot 1 (Lac Minto)
  • Jour 2 : canot 2 (premier rapide)
  • Jour 3 : canot 3
  • Jour 5 : pêche, rando, congé, buffer mauvais temps (les journées de congé sont approximatives)
  • Jour 6 : canot 4
  • Jour 7 : canot 5
  • Jour 8 : pêche, rando, congé, buffer mauvais temps
  • Jour 9 : canot 6
  • Jour 10 : pêche, rando, congé, buffer mauvais temps
  • Jour 11 : canot 7
  • Jour 12 : pêche, rando, congé, buffer mauvais temps
  • Jour 13 : canot 8
  • Jour 14 : canot 9
  • Jour 15 : pêche, rando, congé, buffer mauvais temps
  • Jour 16 : canot 10 (passer goodbye rapid au km 33 à marée haute, camper entre goodbye et reversefall)
  • Jour 17 : canot 11 (passer reverse fall km 22 à marée haute, camper entre reversefall et Tasiujaq)
  • Jour 18 : canot 12 (soir à Tasiujaq)
  • Jour 19 : Buffer mauvais temps
  • Jour 20 : Tasiujaq
  • Jour 21 (mercredi 29 juillet) :
    • retour à Montréal (Air Inuit : Tasiujaq —> Kujjuaq, puis FirstAir : Kujjuaq —> Montréal)
    • Mise à jour : 2 personnes retour au lac Pau (hydravion Air Saguenay) pour reprendre le pickup. Arrivée à Montréal le jeudi 30 juillet ou le vendredi 31 juillet.

preparation_horaire_1
La planification de l’horaire a demandé beaucoup de recherche.
Le récit du voyage de Lester Kovac et Lynette Chubb
a été particulièrement utile.

La carte des rapides est disponible gratuitement en format pdf sur cartespleinair.org.

Sections de la rivière

Voici les principales sections de la rivière (découpage plus ou moins arbitraire). Voir description plus bas.

  • Lac Minto : lac
  • Welcome : début de la rivière
  • Leaf River Lodge : section d’eaux vives
  • 65 km pépères : section tranquille
  • Mountain Bend : section d’eaux vives
  • Terres de catégorie II : section tranquille
  • Leaf Lake : estuaire

LAC MINTO
Canot 1 : du départ au km 322, selon départ jusqu’à Welcome rapid au km 287. 35 km de lac (aucun courant).

  • 322 : embouchure rivière Charpentier, point de départ
  • 290 : rivière Ursuaq
  • 282 : site de camping sur une île, à 1 km du premier rapide
  • 287 : Premier rapide Welcome rapid, R1-2, suivi d’un R3 (nécessite reconnaissance!)

WELCOME
Canot 2 : de welcome rapid au km 287 jusqu’à Leaf river Outfitters au km 245. Un R3 au départ, puis 25 km plat coupé de quelques sw et un R1.

  • 287 : Premier rapide Welcome rapid, R1-2, suivi d’un R3 (nécessite reconnaissance!)
  • 286 à 260 : 25 km de plat, avec quelques rares sw et 1 R1
  • 280 : camping sur une île
  • 273 : pointe Charley, site de camping “beautiful and really big”
  • 270 : camping sur une île
  • 267 : R1
  • 265 : camp sur la rive droite
  • 260 : fin du plat

LEAF RIVER LODGE
Canot 3 : du début du sw au km 260 jusqu’à la fin de Alain au km 215. 45 km d’eau-vive et de rapides! D’abord le “Twenty kilometers rapid” (suite de sw, avec R1 et R2, vers la fin un R 2-3), puis un sw puis le “Alain’s rapid” (R3 + R2+ R3 + R1)

  • 260 à 249 : sw en continu, finit par un R1-2
  • 245 : Leaf river Outfitters lodge
  • 244 : début du sw, avec quelques R1 et R2 (”Twenty kilometers rapid”)
  • 226 : R2-3 de 1 km
  • 219- 215 : Alain’s rapid, plus sportif avec R3 + R2 + R3 + R1
  • 215 : Fin de Alain. Les montagnes sont plus hautes et surtout plus escarpées (dénivelé de 170 mètres sur 2 km). Bel endroit pour faire de la rando?

65 KM PÉPÈRES
Canot 4 + 5 : de la fin de Alain au km 215 jusqu’à Mountain Bend rapid au km 152. Section pépère : 7 km de plat, 7 km de sw, 30 km de plat au départ, puis alternance plat, sw et R1.

  • 215 : Fin de Alain. Les montagnes sont plus hautes et surtout plus escarpées (dénivelé de 170 mètres sur 2 km). Bel endroit pour faire de la rando?
  • 215 – 207 : plat
  • 207 -200 : sw
  • 200 – 170 : 30 km de plat, plusieurs plages (serait approximativement la limite où les gens de Leaf River Outfitter vont pour pêcher)
  • 170 – 164 : 6 km de sw et R1
  • 168 : bel endroit pour la rando? Au milieu du sw et R1, sur rive gauche, c’est l’embouchure de la rivière Qijuttuuk, avec rapides et vallée encaissée
  • 164 – 152 : suite de plat et R1
  • 152 : sur la rive gauche, les falaises de Mountin Bend

MOUNTAIN BEND
Canot 6 + canot 7 + la moitié de canot 8 : de Mountain Bend rapid au km 152 jusqu’aux Terres de catégorie II au km 84. Section de 70 km plus sportive. Les deux rives sont beaucoup plus escarpées, on peut prévoir des belles randos!

  • 152 – 142 : suite de sw, avec à la fin un R2-3
  • 152 : sur la rive gauche, les falaises de Mountin Bend
  • 149 : bel endroit pour la rando? Au milieu du sw et R1, sur rive gauche, c’est l’embouchure de la rivière Cohade, avec rapides et vallée encaissée
  • 142-140 : 2 km de plat qui vont faire changement…
  • 140 – 131 : suite de sw avec R2-3 et R3
  • 135 : R3
  • 132 : bel endroit pour camper et faire de la rando? 3 km après le R3, sur la rive gauche, un site de camping est indiqué directement à l’embouchure de la rivière Tuktu, qui est une petite rivière avec rapides continus.
  • 131 – 118 : plat et sw
  • 125 : bel endroit pour la rando? sur rive droite, c’est l’embouchure du ruisseau Ptarmigan, qui coule dans une vallée très encaissée
  • 118 – 114 : R2 + R3 + sw + R1
  • 114 – 94 : plat et sw, R2-3 au km 100
  • 94 – 90 : plat
  • 90 – 84 : sw, R2-3,
  • 84 : R3


TERRES DE CATÉGORIE II

La moitié de canot 8 + canot 9 : du début des Terres de catégorie II au km 84 jusqu’à Goodbye rapid au km 33. 50 km plus tranquille (surtout des sw). On entre dans la section des terres de catégorie II de la Convention de la Baie James. Paysage moins montagneux.

  • 84 : R3
  • 84 – 52 : après le R3, sw, puis surtout du plat, quelques sw et 1 R2
  • 74 : Viennaux river
  • 59 : Peladeau river
  • 57 : 2 camps inuit sur la rive gauche, dont un qui était détruit en 2007
  • 52 : camp inuit sur la rive droite, qui vu de la rivière semble très petit mais avec plusieurs sites de tente autour
  • 52 – 40 : suite de sw, la rivière s’élargie
  • 40 – 33 : plat, rivière large
  • 33 : Goodbye rapid, R1-2 à marée haute, R4-5 à marée basse!

LEAF LAKE
Canot 10 + canot 11 + canot 12 : de Goodbye Rapid au km 33 jusqu’à Tasiujaq au km 0. Entrée dans l’estuaire. Quelques considérations :

  • On peut penser que l’eau de la rivière est salée à partir de ce point.
  • Nous devons tenir compte de la marée (15 mètres).
  • Cette section, Leaf Lake, est très large: avertissement de danger (lire: impossibilité de pagayer) si la météo est mauvaise.
  • A partir du km 20, la zone inondée à traverser à pied à marée basse semble très longue: de 800 mètres à quelques kilomètres (!), sauf à Low-tide harbour (km 5).
  • Plan suggéré par certains pagayeurs : passer Goodbye à marée haute, camper à Leaf River ou Reverse fall (Bottleneck), puis passer reverse fall à marée haute le lendemain. Il faudrait camper à nouv eau entre reversefall et Tasiujaq, car Kovac fait remarquer que passer Bottleneck à marée haute ferait qu’on arriverait à Tasiujaq contre la marée remontante. Donc prévoir 2 campings entre Goodbye et Tasiujaq, même si c’est seulement 33 km.

Donc…

  • 33 : Goodbye rapid, R1-2 à marée haute, R4-5 à marée basse! 15 mètres de marée. On aurait une fenêtre de 2 heures pour passer à marée haute. Possibilité de camper sur la rive gauche, “but you will need to clear a spot for your tents”. Belle vue sur Lear Lake.
  • 33 – 23 : Leaf Lake, marée importante
  • 30 : sur la rive gauche, Fanfan river avec chutes (traversée du lac = 2km, et nous sortons sur l’autre rive).
  • 26 : sur la rive droite, Leaf River Estuary Lodge. Accessible à marée haute seulement (selon la carte, à marée basse il y aurait 300 mètres de zone inondée à traverser à pied). Ne serait pas souvent utilisé. Il serait possible d’organiser un pickup en bateau à partir de là (Tasiujaq Muicipality 819 633-9924).
  • 22 : Bootleneck rapid / reversible waterfall! Sw à marée haute, R4-5 à marée basse. Il y aurait possibilité de camper sur la rive gauche.
  • 22 – 5 : Leaf Lake, marée importante, très large, dangereux par mauvaise météo.
  • 5 : Low Tide Harbour (point de sortie possible, accès par route au village). Possibilité de camper dans le parking ou d’organiser une navette en auto. A marée basse, il n’y aurait que 200 mètres de zone inondée.
  • 1 : Tasiujaq, High-tide harbour
  • 0 : Tasiujaq, Iaqluppik Hotel

Derniers préparatifs

test_isothermique
Test du dry-suit isothermique : confortable!

Je me rappelle avoir lu le reportage d’un archéologue ambitieux qui voulait retrouver la tombe de Gengis Khan.

Les recherches devaient être effectuées dans les recoins les plus isolés des steppes de Mongolie. « Vous devez penser à tout avant de partir, disait-il. Vous ne devez rien oublier, comme par exemple le papier de toilette. » Ca fait partie des choses que je dois faire avant notre départ pour le grand nord : estimer le nombre de rouleaux dont j’aurai besoin.

Nous en sommes à nos derniers préparatifs avant un voyage de trois semaines en canot dans la toundra québécoise : tests d’équipement, pesées, liste de “à ne pas oublier”, etc.

Oui nous transportons toute notre nourriture (aller au dépanneur prendrait 2 jours et coûterait 10,000$). Oui cette nourriture est déshydratée (pour minimiser le poids et le volume, mais aussi pour que les aliments se conservent pendant un mois). La nourriture a été achetée (ou pour être plus exacte, elle a été donnée par IGA Crevier L’Assomption, un de nos commanditaires). Elle est ensachée par repas numérotés, il faut maintenant la peser – avec tout le reste de l’équipement – pour nous assurer de ne pas dépasser le poids autorisé à bord de l’hydravion d’Air Saguenay (un autre commanditaire).

Oui mettre à jour un blogue à partir de la rivière suppose d’avoir un laptop et une connexion internet par satellite (fournie par NJ Albert). Et oui avoir un laptop (fourni par VIA Rail) suppose d’avoir des capteurs solaires et une batterie de recharge (ça, c’est Benoit qui l’a payé de sa poche).

filet_benoit
Benoit testant un prototype de filet anti-mouche.
Le modèle n’était pas au point.

J’apporte des choses qui sont a priori un peu surprenantes pour des “vacances au Québec en juillet”. Comme une tuque (Sail Baron). Pour vous donner une idée, lundi matin il ne faisait que 5C à Tasiujaq. Imaginez qu’il fait 5C, qu’il vente, qu’il pleuve, et que vous sortiez de votre sac de couchage pour partir le feu de camp afin de préparer le café et le gruau de l’équipe. Vous endurez votre tuque.

Encore faut-il ne pas l’avoir oubliée!

Une précision pour ceux qui ne connaissent pas notre projet : les commanditaires, le blogue et tout ça, c’est pour une levée de fonds. Notre but est de venir en aide aux autistes et à leurs familles. Lors d’un projet similaire sur la rivière George en 2005, nous avons amassé assez d’argent pour que les Répits de Gaby ait la mise de fonds nécessaire à l’achat d’une maison où des enfants autistes reçoivent des services spécialisés.

La moitié du plaisir de l’expédition, ce sont les préliminaires

Plusieurs mois ont “coulé” depuis le dernier texte. Le groupe s’est réuni à plusieurs reprises pour achever la planification des repas, l’équipement, les commandites et la logistique du transport.  Je vous épargne les détails de nos réunions où chaque membre doit défendre ses dossiers.  Ce n’est plus un groupe de joyeux canoteurs, c’est le cabinet des ministres à l’assemblée nationale…

Un argument de poids

Pour minimiser le coût du transport aérien, il est normal de peser chaque item transporté, incluant les canots et les sacs de jour.  Ce qui est plus problématique, c’est de confirmer le poids “habillé” de chaque participant (incluant le pilote).  Un exercice exigeant qui demande une certaine rigueur.  Hors de question de rajouter un dernier paquet, gâteries ou bébelles inutiles.  Nous devons respecter le poids maximal permis pour notre aéronef, sinon on ne vole pas.  Par expérience, lors de nos dernières descentes, cette étape cruciale génèrait toujours un certain stress. Il est même recommandé que chaque gars perde quelques kilos avant le départ. Tel un boxeur lors de la pesée officielle, il est proscrit de prendre du poids…

La saga du pistolet

Ceux qui ont lu les chroniques précédentes, pour se protéger des prédateurs entreprenants, nous avons opté pour se munir d’une arme de poing, au lieu de l’encombrant fusil de chasse. Il est extrêmement difficile d’obtenir un permis de transport d’arme de poing, même si tu es policier ou avocat depuis 30 ans.  Nos 2 représentants de la loi travaillent intensément pour obtenir les autorisations requises.  Il ne reste que quelques semaines…  Je sens que nous retournerons à la bonne vieille pétoire, encombrante mais autorisée.

Le “Power Shopping” chez Sail

Dernièrement, le groupe à dévalisé le Sail Baron de Laval.  Une session intensive de magasinage chez notre commanditaire de matériel nautique, de camping, de chasse et pêche. Tout le groupe a été accueilli, tel la royauté, pour compléter notre équipement : Dry suit, tentes, équipement de pêche, poivre de Cayenne à ours, vêtements adaptés, bottes, articles de cuisine….

Nos hôtes, Jean-Sylvain (nautique) et Jonathan Nantel (camping) ont su satisfaire tout nos petits caprices. Après 3 heures d’emplettes intensives, nous célébrions le “Noël du campeur” en trottant dans le stationnement avec nos sacs pleins de matériels d’expédition.  Comme des enfants.  Il n’y a pas de doute, le grand plaisir d’une expédition, c’est la planification…

“Pierre-Marc, Gérald, Benoit, Mathieu et Jean-Pierre, entourant Jean-Sylvain et Jonathan de Sail Baron. Malgré le fait qu’Étienne était absent de corps, sa carte de crédit nous accompagnait.

Notre grande “Avant-première”

Dans moins d’une semaine, se déroulera une autre étape incontournable d’une descente de ce calibre: “la fin de semaine de pratique”.  Le but est d’intégrer les nouveaux participants, Jean-Pierre et Mathieu, grâce aux rites initiatiques ancestraux.  La partie la plus exigeante de ce week-end, est sans contredit “la parade nue, à la brunante, couvert de miel” et “la corvée ininterrompue de préparation de tous les repas, la vaisselle, l’installation du camp et des tentes”, pendant que les anciens leurs attribuent des notes d’appréciation.  On pourra en même temps tester la nouvelle tente moustiquaire de Gérald, et son spa intégré.  Le clou de la fin de semaine sera sans doute l’essai du nouveau “chapeau-bécosse” permettant de se laisser aller aux besoins primaires, à l’abri des insectes suceurs.

Notre ange à Tasiujaq

Il y a quelques mois, un ange nous est apparu dans notre boîte de courriel. Une enseignante basée dans le petit village Inuit de Tasiujaq, nous offre son appartement pendant les quelques jours de transit à la sortie de la rivière.   À la fin des classes, elle et son copain auront quitté leur petit village pour des vacances bien méritées au sud, près de la ville de Québec.  Nous avons abusé de sa générosité en lui demandant l’autorisation de lui expédier un colis avec des vêtements propres, de la nourriture et un peu de baume pour l’âme.  En plus elle nous mettra en contact avec un résident local qui s’occupera de transborder notre matériel dans le bateau de retour. Plus je lui écris, plus je l’aime….

Notre fournisseur de télécommunication

Une autre surprise. Une entreprise de télécommunication de St-Ambroise, dans Lanaudière, NJ Albert Communication, nous offre de tester un prototype portatif  de communication satellite qui nous permettra de téléphoner par VOIP, de télécharger des vidéos, les textes pour notre blogue, surfer pour la météo et lire nos courriels pendant l’expédition. Nous n’avons qu’à fournir l’énergie grâce à une pile compacte portative, chargée par capteurs solaires…

Notre mère nourricière et sa nutritionniste

Nous avons effectué le premier tour de reconnaissance chez notre commanditaire IGA Crevier de l’Assomption. Nous privilégions les aliments déshydratés, pâtes, riz, semoules de blé, soupes et bouillons en poudre. Le tout agrémenté d’épices exotiques afin de briser la monotonie des repas.  Le plus souvent, le repas principal devient simplement un accompagnement, dû à la grande habilité de nos pêcheurs…

Nos amis chez Ducasse Traiteur nous ont prodigué de judicieux conseils afin de bien équilibrer nos repas. À notre dernière expédition en 2005, nous avions noté quelques carences alimentaires en protéines, en vitamines et autres mots étranges qui finissent en “ines”.

Je vous invite à nous lire dans une dizaine de jours où nous ferons part du déroulement de notre week-end en forêt avec nos copains, les mouches noires.

Notes: Ceux qui ont pris l’habitude de nous lire à l’adresse http://nunavik2009.blogspot.com, prenez note que celui-ci sera bientôt fermé au profit de notre site officiel http://www.pagayerpourlautisme.com ou simplement http://ppa2009.ca

Traversez la rivière en groupe, le crocodile ne vous mangera pas

Une autre rencontre, en ce petit lundi soir de février. Nous sentons le groupe fébrile pendant que les bonnes nouvelles se déballent autour de la table. On aurait dit une assemblée de cuisine autour du candidat du parti de la loi naturelle. Notre professeur préféré nous reçoit dans son humble chaumière au son des blondes qui s’entrechoquent.

Tout d’abord à l’agenda : notre nouveau site web, notre vrai site est en ligne. Pas notre blog de travail mais notre vieux site revampé, jadis utilisé en 2005 pour la descente de la rivière George. Notre enseigne devient http://www.Pagayezpourlautisme.com (ou encore http://www.ppa2009.com pour les intimes, bientôt disponible).

Cette vitrine est importante notamment pour sensibiliser la communauté au défi de l’autisme, pour les commanditaires, les médias, les supporteurs, les familles, les amis, les donateurs, les collègues et les amateurs de rivière. Et pour nos textes. La technologie Internet a fait un bond de plusieurs siècles depuis 4 ans. Maintenant nous pouvons facilement héberger et maintenir notre propre site. Il est aussi facile de générer notre propre liste d’abonnés, de comptabiliser le nombre de visites, d’abonnés au fil RSS et même de savoir qui parle de nous. De plus le téléchargement des textes à partir des berges de la rivière se fait simplement en envoyant un petit courriel. Impressionnant.

Notre vieux site web recevait encore plus de 300 visites par mois simplement parce qu’il était bien indexé en plus d’avoir atteint sa maturité avec les moteurs de recherche. Alors on récupère les vieux textes, on y met des photos de ce coin de paradis et on place le tout au four à 350 degrés…

Il reste beaucoup de boulot à abattre :

Étienne doit s’occuper d’obtenir l’embarcation manquante et de finaliser l’itinéraire des compagnies aériennes,

Benoit doit contacter le pourvoyeur sur la rivière, la compagnie de navire de marchandise, finaliser l’équipement de communication (laptop, batterie et satellitaire). Il doit rejoindre notre nouveau contact au village de Tasijuaq pour lui demander s’il est possible de lui expédier des vêtements propres à la sortie de la rivière. Il doit finalement dresser la liste du poids des équipements, des barils, des canots et des participants pour confirmer le poids total à transporter dans les hydravions et le bateau de retour. En notant les poids des gars on se rend compte que depuis 4 ans, ils n’ont pas trop abusé de la table…

Pierre-Marc et Anne (la moitié de Benoit) s’occuperont de la planification de la liste de nourriture pour préparer la grosse tombola d’ensachage. Une journée inoubliable où nous ensacherons 450 repas secs dans une dizaine de barils de 30 litres scellés (i.e. 3 repas x 25 jours de nourriture x 6 participants). Pierre-Marc à tout intérêt à ne rien oublier. J’ai ouï dire que le livreur du dépanneur du Nouveau Québec n’est pas fiable. Quatre semaines sans huile, farine, riz, pâtes ou chocolat chaud, ça risque de “scraper” nos recettes.

Gérald s’occupera de la liste d’équipement individuel manquant. Chaque participant devra s’assurer de lui faire parvenir sa liste de matériel à acheter afin d’obtenir le meilleur prix de gros (pas toi Gérald) auprès de notre commanditaire SAIL de Beloeil. Pour ma part, je dois m’équiper d’un nouveau Dry Suit, une tente 2 places 4 saisons, des bottes de marche légère, un nouveau GPS et un nouveau sac de mèche. Gérald doit aussi finaliser la commandite auprès d’un fournisseur de barres énergisantes. Il doit aussi terminer le prototype de notre toilette moustiquaire portative…

Jean-Pierre continue ses démarches pour l’arme à feu. Les vibrations sont bonnes pour obtenir le permis de transport. Il a fait plastifier toutes les cartes topographiques de la rivière (1/250,000). Même si nous avons plusieurs GPS, l’information est essentielle lors de randonnées pédestres sur les nombreuses montagnes qui t’entourent. JP travaille aussi à la planification de notre descente de pratique qui aura lieu du 22 au 24 mai sur la rivière du Milieu, au nord de St-Michel des Saints. Il s’agira de tester notre équipement de communication, nos tentes, Dry et wet suit, tente moustiquaire, équipement nautique et l’esprit de groupe. Nous espérons mouches, froid et pluie…On teste ou on teste pas ? Bande de pleutre !

Mathieu continue ses recherches pour les médias. Aussitôt les commanditaires complétés, un communiqué de presse sera émis et le vrai travail débutera. Un travail intense mais agréable.

Par expérience, les derniers mois sont éprouvants et grisants. Il faut établir les rendez-vous de corvée, de préparation d’équipements, de bagages et de bouffes. Il faut bien jauger l’anxiété des troupes pour éviter les dérapages. Nous vivrons collés collés pendant 4 semaines sous des cieux incléments et un environnement hostile. Comme dit le proverbe africain, il faut rester uni sur la rivière pour éviter que les crocodiles ne nous mangent.

Un groupe affairé: Benoit, Gérald, Jean-Pierre, Mathieu et Étienne.

Le policier sonne toujours 2 fois

J’ai négligé la mise à jour du blog depuis notre réunion du 4 septembre à la Maison des Répits de Gaby. Je m’en confesse et me suis flagellé à plusieurs reprises avec une corde de bosse et me suis couché toute une nuit dans mon canot à -35 pour expier mes pêchés. J’avais quand même eu un ballon de pointe comme oreiller.

La réunion du 7 octobre, en campagne, chez Gérald et celle du 27 novembre, en direct du Plateau, chez Étienne, ont été des plus animées. Nous y avons d’ailleurs accueilli notre nouveau né, le représentant des forces de l’ordre du Nouveau Québec, le constable Jean-Pierre « Polycarpe » Simard. Comme disait Mathieu, “finalement quelqu’un mettra un peu de discipline dans ce groupe”.

La réunion chez Gérald était en fait une soirée Tupperware d’équipements d’expédition. Dans les moindres détails nous avons revu la liste d’équipements nécessairse à la bonne marche de ces 4 semaines d’expéditions: équipements de sécurité, de canots, de survie, de camping, de bouffe, de portage, de télécommunication… Le clou de la soirée : le nouveau prototype de tente moustiquaire développé par l’équipe d’ingénieurs de Gérald. En plus il travaille intensément à la conception d’un chapeau bécosse qu’il présentera prochainement au salon de l’innovation de St-Gérald de Magella (Étienne n’oublie pas les cerceaux pour Gérald).

Jean-Pierre tente d’obtenir l’autorisation d’apporter son arme de service, ce qui nous évitera de trimbaler un immense fusil de chasse dans le canot, comme lors de notre descente de la rivière George en 2005. Fallait chaque soir sortir la carabine, la charger et la placer dans le vestibule d’une tente, prête à servir en cas de visite inopportune de Yogi ou d’une autre bête entreprenante. Le seul désavantage d’apporter avec nous le pistolet de Jean-Pierre, c’est que nous devrons en tout temps le vouvoyer, l’appeler monsieur et lui éviter toute contrariété comme les portages ou la vaisselle.

Gérald continue ses démarches pour la commandite de nourriture, d’équipement de plein-air et de bars protéinées. Ce n’est pas facile en ces temps de réduction budgétaire mais Gérald a toujours l’argument pour convaincre le plus récalcitrant des jurés.

La réunion du 27 novembre était bien arrosée; nous sentions un air de Noël flotter sur le Plateau. Cette soirée était celle de Pierre-Marc et son menu. Impressionnant de détails, il a fait réviser notre menu par une diététicienne professionnel afin de corriger nos lacunes alimentaires, pour bien équilibrer nos repas. On aurait dit Ricardo mais barbu. Manger du poisson, du riz et des pâtes pendant 4 semaines ça manque de légumes, de fruits et de protéines. Alors fini Gérald les M&M et les bars “Mars” pour déjeuner; va falloir que tu ajoute du Quinoa, du couscous pis des tomates séchés à ton gruau.

Il a été convenu que Benoit contacterait le seul pourvoyeur sur la rivière qui pourrait nous dépanner en y transportant à mi-parcours un peu de nourriture, de l’essence pour l’âme et autres condiments d’appoints. Gérald et Benoit doivent tester la batterie et les capteurs solaires pour s’assurer que nos petits gadgets (laptop, caméra, Gps, téléphone satellitaire…) puissent se charger sans problème pendant le séjour. Benoit doit aussi contacter le transporteur maritime pour le retour du matériel. Finalement il a la charge d’obtenir un 2e téléphone satellitaire pour le transfert de data et des minutes de temps d’antenne.

Étienne et Benoit doivent s’occuper de transformer le blog pour commencer à y ajouter des commanditaires et du contenu.

Étienne commence à valider les vols, tarifs et itinéraire avec les différents transporteurs. Les prix ont assurément baissé depuis que le prix du pétrole a dégringolé de moitié depuis l’été dernier. Il faut aussi examiner la possibilité de s’associer à une compagnie privée qui fait de l’exploration de ressources naturelles dans le coin. Il contactera aussi un fabricant de matériel de canot pour commander un nouveau canot à prix fort compétitif pour Pierre-Marc et Jean-Pierre.

Mathieu de son coté organisera un veille médiatique pour connaitre l’intérêt des médias à nous offrir de la visibilité.

Finalement Jean-Pierre nous planifie une descente expérimentale, fin mai, dans le but de tester notre équipement, nos canots et l’esprit d’équipe en pleine période d’éclosion des insectes suceurs, en haut de St-Michel des Saints. Ce n’est que dans 4 mois. Après la rencontre de février, il ne nous restera que 2 ou 3 rencontres pour tout ficeler. Le dernier droit avant la grande virée.


Jean-Pierre, Étienne, Pierre-Marc Mathieu, Gérald et Benoit. Remarquez l’effet de brouillard tout aussi imaginatif qu’imprévu

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