Pagayer pour l'autisme

Blog

  • Le vent en poupe !


    Vous pouvez aussi écouter l’entrevue (format MP3) réalisée par le FM103,5 – la radio du grand Lanaudière.

    Benoît : Hier, en arrivant sur la George je m’attendais à subir un choc météorologique. Ce fut le cas. Il faisait dans les trente degrés malgré les taches de neige, que j’imagine éternelle, sur la montagne d’en face. Nous avons campé près d’un lodge qui a déjà connu ses heures de gloire et à l’intérieur il faisait une chaleur d’enfer. Nous avons monté nos tentes à la brunante, qui se pointe généralement vers les 22 h 30, pour que nos 3 tentes ne soient pas trop chaudes. Remarquez qu’à cette hauteur du Québec l’obscurité totale ne se fait pas et le soleil retape à nouveau vers 3 h 30. Pour bien dormir, vous avez tout intérêt à porter un cache-yeux ou encore une grande tuque. Au petit matin un vent du sud s’est levé, représentant une bénédiction pour un canot qui se dirige vers le nord. Les préparatifs du premier matin sur la rivière sont toujours longs et ardus. Dans nos canots en fin d’avant-midi nous avons beaucoup de mal à garder nos bateaux stables. Les vagues et le vent font bifurquer nos frêles embarcations. Soudain, coup de génie collectif. Nous sortons nos toiles de tente de nos sacs et montons une voile improvisée. Gilligan et ses joyeux naufragés traversent 27 kilomètres à la voile en 6 heures. Nous avions planifié parcourir 18 kilomètres aujourd’hui.

    Vers 16 h 30 nous arrivons sur un site coté comme « idéal »sur la carte. Après examen des lieux, nous quittons sans demander notre reste. Des visiteurs y ont déjà élu domicile. Des centaines de pistes d’ours fraîches et moins fraîches couvrent la plage. Nous remarquons aussi de nombreuses pistes de loups de taille impressionnante. La popularité de ce site s’explique sans doute par la présence d’une petite rivière à proximité qui regorge de truites mouchetées. Quelque 90 minutes plus tard nous apercevons une île rocheuse en plein milieu d’un élargissement du lac. Sans trop espérer y trouver un site potable, nous grimpons tout en haut des rochers pour apercevoir une terrasse digne des cartes postales pour vendre le Nunavik. Bordée de fleurs, l’île est balayée par le vent et surplombe les montagnes, esker et plages environnantes. Celle-ci me rappelle l’image que je me faisais de L’île noire de Tintin. Un paysage irréel de bande dessinée.

  • Enfin la « George » !


    Enfin la George !

    Benoît : Hier soir, le train s’est arrêté à Schefferville et des centaines de personnes attendaient, agglutinées autour du fourgon à bagages, de récupérer leurs biens. Je ne sais pas pourquoi mais une odeur de fête flottait dans l’air. Sans doute parce que le dépaysement est total alors que la majorité des gens que nous croisons sont Innus ou Naskapis. Sur le quai, Claude St-Amant, notre guide jusqu’au départ en hydravion demain, cherche du regard les gens qui ont l’air de canot-campeurs. Les bagages enregistrés sont vite engouffrés dans la camionnette, mais la récupération des canots et barils est plus problématique. Pendant que Raymond et moi essayons tant bien que mal d’ouvrir le box-car, il ne reste que l’autre groupe de canot-campeurs pour nous donner un coup de main. Finalement, après plusieurs minutes d’efforts, nous réussissons à ouvrir le wagon avec une tige d’acier. En deux temps trois mouvements, la trentaine de barils sont chargés et nous nous dirigeons vers notre campement. Dans notre humble cabane se trouve déjà un drôle de numéro, Jos Miquelon, de Toronto. À 57 ans, il en est à sa cinquième descente de la George en solo. Pendant un mois il pagaie seul dans son noble canot Blue Hole de 1984. Un phénomène !

    Debout à 7 h, nous déjeunons à la cantine de Claude. Une entrevue radio par téléphone satellite nous attend vers 9 h avec Jacques Plante, du 103,5 FM. Aussitôt après, nous nous rendons à la base d’hydravion de Jean Paquet, de Norpaq. Claude nous glisse un petit cadeau dans nos bagages : de la truite grise fraîchement fumée. Le matériel est déchargé et la pesée du matériel nous stresse. On nous avait permis pas plus de 1 200 livres pour pouvoir décoller et nous faisons osciller la balance à 1 020 lb… Les trois autres larrons atterrissent à 11 h 30. Ils arrivent directement de Montréal, du travail, des responsabilités… Étienne a fini de préparer ses bagages à 2 h 15 ce matin, et il s’est levé à 4 h pour finir une soumission. Quelques heures plus tard, sur le bord de la rivière au milieu de la toundra, le choc est majeur. Et très agréable.

    Raymond : Pour transporter le groupe, les canots et le matériel, deux avions ont été nécessaires. Un Beaver et un Single Otter. Le canot d’Étienne a été placé à l’intérieur du plus gros des avions et les deux autres sur les flotteurs. J’aurais aimé discuter avec le pilote Denis Vansterthen, mais le bruit assourdissant du moteur a rendu la chose impossible. J’ai quand même su qu’il était originaire de Lanoraie dans notre région de Lanaudière. Nous avions prévu nous faire déposer sur la lac Résolution, un élargissement de la George, mais après quelques discussions il fut décidé de commencer la descente à partir du Twin Lodge un peu plus en aval parce que le site était plus propice à un atterrissage. Sage décision, le site est magnifique. Un plateau sablonneux qui surplombe la majestueuse rivière. Désolé, il est 18 h 15 et on m’annonce que le souper est servi. Un bœuf aux légumes livré directement de Montréal par nos trois collègues. Les mouches bourdonnent, mais nous sommes en sécurité sous notre tente moustiquaire modifiée pour la George…