Pagayer pour l'autisme

Auteur/autrice : Benoit Laporte

  • Traversez la rivière en groupe, le crocodile ne vous mangera pas

    Une autre rencontre, en ce petit lundi soir de février. Nous sentons le groupe fébrile pendant que les bonnes nouvelles se déballent autour de la table. On aurait dit une assemblée de cuisine autour du candidat du parti de la loi naturelle. Notre professeur préféré nous reçoit dans son humble chaumière au son des blondes qui s’entrechoquent.

    Tout d’abord à l’agenda : notre nouveau site web, notre vrai site est en ligne. Pas notre blog de travail mais notre vieux site revampé, jadis utilisé en 2005 pour la descente de la rivière George. Notre enseigne devient http://www.Pagayezpourlautisme.com (ou encore http://www.ppa2009.com pour les intimes, bientôt disponible).

    Cette vitrine est importante notamment pour sensibiliser la communauté au défi de l’autisme, pour les commanditaires, les médias, les supporteurs, les familles, les amis, les donateurs, les collègues et les amateurs de rivière. Et pour nos textes. La technologie Internet a fait un bond de plusieurs siècles depuis 4 ans. Maintenant nous pouvons facilement héberger et maintenir notre propre site. Il est aussi facile de générer notre propre liste d’abonnés, de comptabiliser le nombre de visites, d’abonnés au fil RSS et même de savoir qui parle de nous. De plus le téléchargement des textes à partir des berges de la rivière se fait simplement en envoyant un petit courriel. Impressionnant.

    Notre vieux site web recevait encore plus de 300 visites par mois simplement parce qu’il était bien indexé en plus d’avoir atteint sa maturité avec les moteurs de recherche. Alors on récupère les vieux textes, on y met des photos de ce coin de paradis et on place le tout au four à 350 degrés…

    Il reste beaucoup de boulot à abattre :

    Étienne doit s’occuper d’obtenir l’embarcation manquante et de finaliser l’itinéraire des compagnies aériennes,

    Benoit doit contacter le pourvoyeur sur la rivière, la compagnie de navire de marchandise, finaliser l’équipement de communication (laptop, batterie et satellitaire). Il doit rejoindre notre nouveau contact au village de Tasijuaq pour lui demander s’il est possible de lui expédier des vêtements propres à la sortie de la rivière. Il doit finalement dresser la liste du poids des équipements, des barils, des canots et des participants pour confirmer le poids total à transporter dans les hydravions et le bateau de retour. En notant les poids des gars on se rend compte que depuis 4 ans, ils n’ont pas trop abusé de la table…

    Pierre-Marc et Anne (la moitié de Benoit) s’occuperont de la planification de la liste de nourriture pour préparer la grosse tombola d’ensachage. Une journée inoubliable où nous ensacherons 450 repas secs dans une dizaine de barils de 30 litres scellés (i.e. 3 repas x 25 jours de nourriture x 6 participants). Pierre-Marc à tout intérêt à ne rien oublier. J’ai ouï dire que le livreur du dépanneur du Nouveau Québec n’est pas fiable. Quatre semaines sans huile, farine, riz, pâtes ou chocolat chaud, ça risque de « scraper » nos recettes.

    Gérald s’occupera de la liste d’équipement individuel manquant. Chaque participant devra s’assurer de lui faire parvenir sa liste de matériel à acheter afin d’obtenir le meilleur prix de gros (pas toi Gérald) auprès de notre commanditaire SAIL de Beloeil. Pour ma part, je dois m’équiper d’un nouveau Dry Suit, une tente 2 places 4 saisons, des bottes de marche légère, un nouveau GPS et un nouveau sac de mèche. Gérald doit aussi finaliser la commandite auprès d’un fournisseur de barres énergisantes. Il doit aussi terminer le prototype de notre toilette moustiquaire portative…

    Jean-Pierre continue ses démarches pour l’arme à feu. Les vibrations sont bonnes pour obtenir le permis de transport. Il a fait plastifier toutes les cartes topographiques de la rivière (1/250,000). Même si nous avons plusieurs GPS, l’information est essentielle lors de randonnées pédestres sur les nombreuses montagnes qui t’entourent. JP travaille aussi à la planification de notre descente de pratique qui aura lieu du 22 au 24 mai sur la rivière du Milieu, au nord de St-Michel des Saints. Il s’agira de tester notre équipement de communication, nos tentes, Dry et wet suit, tente moustiquaire, équipement nautique et l’esprit de groupe. Nous espérons mouches, froid et pluie…On teste ou on teste pas ? Bande de pleutre !

    Mathieu continue ses recherches pour les médias. Aussitôt les commanditaires complétés, un communiqué de presse sera émis et le vrai travail débutera. Un travail intense mais agréable.

    Par expérience, les derniers mois sont éprouvants et grisants. Il faut établir les rendez-vous de corvée, de préparation d’équipements, de bagages et de bouffes. Il faut bien jauger l’anxiété des troupes pour éviter les dérapages. Nous vivrons collés collés pendant 4 semaines sous des cieux incléments et un environnement hostile. Comme dit le proverbe africain, il faut rester uni sur la rivière pour éviter que les crocodiles ne nous mangent.

    Un groupe affairé: Benoit, Gérald, Jean-Pierre, Mathieu et Étienne.

  • Le policier sonne toujours 2 fois

    J’ai négligé la mise à jour du blog depuis notre réunion du 4 septembre à la Maison des Répits de Gaby. Je m’en confesse et me suis flagellé à plusieurs reprises avec une corde de bosse et me suis couché toute une nuit dans mon canot à -35 pour expier mes pêchés. J’avais quand même eu un ballon de pointe comme oreiller.

    La réunion du 7 octobre, en campagne, chez Gérald et celle du 27 novembre, en direct du Plateau, chez Étienne, ont été des plus animées. Nous y avons d’ailleurs accueilli notre nouveau né, le représentant des forces de l’ordre du Nouveau Québec, le constable Jean-Pierre « Polycarpe » Simard. Comme disait Mathieu, « finalement quelqu’un mettra un peu de discipline dans ce groupe ».

    La réunion chez Gérald était en fait une soirée Tupperware d’équipements d’expédition. Dans les moindres détails nous avons revu la liste d’équipements nécessairse à la bonne marche de ces 4 semaines d’expéditions: équipements de sécurité, de canots, de survie, de camping, de bouffe, de portage, de télécommunication… Le clou de la soirée : le nouveau prototype de tente moustiquaire développé par l’équipe d’ingénieurs de Gérald. En plus il travaille intensément à la conception d’un chapeau bécosse qu’il présentera prochainement au salon de l’innovation de St-Gérald de Magella (Étienne n’oublie pas les cerceaux pour Gérald).

    Jean-Pierre tente d’obtenir l’autorisation d’apporter son arme de service, ce qui nous évitera de trimbaler un immense fusil de chasse dans le canot, comme lors de notre descente de la rivière George en 2005. Fallait chaque soir sortir la carabine, la charger et la placer dans le vestibule d’une tente, prête à servir en cas de visite inopportune de Yogi ou d’une autre bête entreprenante. Le seul désavantage d’apporter avec nous le pistolet de Jean-Pierre, c’est que nous devrons en tout temps le vouvoyer, l’appeler monsieur et lui éviter toute contrariété comme les portages ou la vaisselle.

    Gérald continue ses démarches pour la commandite de nourriture, d’équipement de plein-air et de bars protéinées. Ce n’est pas facile en ces temps de réduction budgétaire mais Gérald a toujours l’argument pour convaincre le plus récalcitrant des jurés.

    La réunion du 27 novembre était bien arrosée; nous sentions un air de Noël flotter sur le Plateau. Cette soirée était celle de Pierre-Marc et son menu. Impressionnant de détails, il a fait réviser notre menu par une diététicienne professionnel afin de corriger nos lacunes alimentaires, pour bien équilibrer nos repas. On aurait dit Ricardo mais barbu. Manger du poisson, du riz et des pâtes pendant 4 semaines ça manque de légumes, de fruits et de protéines. Alors fini Gérald les M&M et les bars « Mars » pour déjeuner; va falloir que tu ajoute du Quinoa, du couscous pis des tomates séchés à ton gruau.

    Il a été convenu que Benoit contacterait le seul pourvoyeur sur la rivière qui pourrait nous dépanner en y transportant à mi-parcours un peu de nourriture, de l’essence pour l’âme et autres condiments d’appoints. Gérald et Benoit doivent tester la batterie et les capteurs solaires pour s’assurer que nos petits gadgets (laptop, caméra, Gps, téléphone satellitaire…) puissent se charger sans problème pendant le séjour. Benoit doit aussi contacter le transporteur maritime pour le retour du matériel. Finalement il a la charge d’obtenir un 2e téléphone satellitaire pour le transfert de data et des minutes de temps d’antenne.

    Étienne et Benoit doivent s’occuper de transformer le blog pour commencer à y ajouter des commanditaires et du contenu.

    Étienne commence à valider les vols, tarifs et itinéraire avec les différents transporteurs. Les prix ont assurément baissé depuis que le prix du pétrole a dégringolé de moitié depuis l’été dernier. Il faut aussi examiner la possibilité de s’associer à une compagnie privée qui fait de l’exploration de ressources naturelles dans le coin. Il contactera aussi un fabricant de matériel de canot pour commander un nouveau canot à prix fort compétitif pour Pierre-Marc et Jean-Pierre.

    Mathieu de son coté organisera un veille médiatique pour connaitre l’intérêt des médias à nous offrir de la visibilité.

    Finalement Jean-Pierre nous planifie une descente expérimentale, fin mai, dans le but de tester notre équipement, nos canots et l’esprit d’équipe en pleine période d’éclosion des insectes suceurs, en haut de St-Michel des Saints. Ce n’est que dans 4 mois. Après la rencontre de février, il ne nous restera que 2 ou 3 rencontres pour tout ficeler. Le dernier droit avant la grande virée.


    Jean-Pierre, Étienne, Pierre-Marc Mathieu, Gérald et Benoit. Remarquez l’effet de brouillard tout aussi imaginatif qu’imprévu